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Le syndrome « Tanguy » en Charente-Maritime : quel impact sur le marché immobilier à Saintes ?
La « génération Tanguy » s'enlise dans une crise du logement sans précédent. Entre loyers prohibitifs, conditions d'emprunt resserrées et précarité professionnelle, l'accès à l'autonomie devient un véritable parcours du combattant pour les jeunes. Et la tendance se ressent particulièrement dans nos territoires, notamment à Saintes et en Charente-Maritime.
Un ralentissement national qui résonne en milieu périurbain et urbain
Quitter ses parents, s'installer seul ou en couple, et prendre son envol : ce schéma classique de l'entrée dans la vie adulte subit un sérieux coup de frein. D'après une étude de l'INJEP (Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire) publiée fin 2025 et relayée par La Lettre Eco du Cercle de l'Epargne, le processus de décohabitation est en net ralentissement à l'échelle nationale :
45 % des 18-30 ans vivent exclusivement dans un logement indépendant.
31 % résident encore en permanence chez leurs parents.
12 % font face à des situations de grande précarité résidentielle.
À Saintes, en tant que mandataire immobilier, je constate régulièrement les difficultés rencontrées par les jeunes actifs ou les étudiants pour trouver un premier logement ou accéder à la propriété, pris en étau entre la hausse des prix de l'ancien et la rareté du neuf.
Le marché du neuf et de l'investissement sous tension
Cette difficulté à se loger s'inscrit dans un contexte macroéconomique complexe. Les chiffres officiels du premier semestre 2026 confirment les difficultés persistantes du secteur :
Réservations globales par des particuliers : en recul de 4,8 % par rapport au trimestre précédent (16 112 logements).
Appartements en habitat collectif : - 4,6 %.
Maisons individuelles : - 7,6 %.
Offre de logements à vendre par les promoteurs : en hausse de 11,1 % au dernier trimestre (17 499 habitations).
Malgré l'entrée en vigueur début 2026 d'un nouveau dispositif fiscal d'incitation à l'investissement locatif adossé au budget de l'État — visant la construction de 50 000 logements supplémentaires par an —, la reprise peine à s'enclencher concrètement sur le terrain. Les investisseurs institutionnels et les bailleurs sociaux (-6,9 % de réservations au deuxième trimestre) restent prudents.
Quelles perspectives pour l'immobilier à Saintes et en Charente-Maritime ?
Face à ce blocage de la « génération Tanguy », le marché saintais doit s'adapter :
Le report vers la location et la colocation : faute de pouvoir acheter, la demande locative reste forte à Saintes, rendant la recherche de biens parfois tendue pour les petits budgets.
L'alternance et l'aide familiale : l'apport des parents reste souvent la clé de voûte pour permettre aux jeunes Saintais de signer un premier acte de vente, qu'il s'agisse d'un appartement en centre-ville ou d'une maison de banlieue abordable.
Des opportunités à saisir : malgré la frilosité générale, la légère augmentation du stock de logements disponibles offre aux primo-accédants une marge de négociation non négligeable, à condition d'être bien accompagné.
Laurent BERGER
Immobilier Saintes